Clémenceau
Une bonne introduction à la vie et à l'oeuvre de Georges Clémenceau. Tout en donnant une image sereine du personnage, l'ouvrage d'Erlanger met en évidence les zones d'ombre de cette grande destinée.
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Une bonne introduction à la vie et à l'oeuvre de Georges Clémenceau. Tout en donnant une image sereine du personnage, l'ouvrage d'Erlanger met en évidence les zones d'ombre de cette grande destinée.
Quelle irrésistible ascension que celle de la petite princesse allemande Sophie d'Anhalt-Zerbst, née en 1726, et qui, à trente-six ans, accède au trône de Russie sous le nom de Catherine II ! Éprise de la culture française, mais ayant appris le russe pour mieux comprendre son peuple, libérale dans ses amitiés - Voltaire, Diderot, d'Alembert - mais autocrate en son gouvernement, pudibonde en paroles mais d'un insatiable tempérament, travailleuse acharnée mais aimant les enfants, les arbres, les animaux... telle fut Catherine la Grande. « Ce roc de volonté est d'une structure complexe », écrit à son sujet Henri Troyat, et il fallait son acuité d'analyse pour en dévoiler tant d'aspects réconciliés dans un extraordinaire goût de vivre et de régner.
Ces Mémoires de la rose, texte longtemps ignoré, conservé dans les malles cabines de Consuelo, sont le témoignage de cette femme sur ses années de couple. Témoignage inédit, directement écrit en français lors de son exil en Amérique pendant la guerre puis après la Libération, qui raconte dans une langue fraîche et pittoresque l'existence de deux enfants terribles que la vie s'acharne à séparer. Un récit palpitant, émouvant, loin des légendes, qui permet de mieux comprendre l'homme Saint-Exupéry, bouleverse l'image de cet écrivain-aviateur "mort pour la France", lui confère un peu plus d'humanité, avec ses forces et ses faiblesses.
Colette, géniale menteuse Cela fait des lustres que Michel del Castillo s'interroge sur le cas Colette. D'une part, il adore ses livres, ou du moins certains d'entre eux. D'autre part, le personnage légendaire qu'elle a patiemment fabriqué lui inspire des sentiments mêlés. Il est allé chercher des réponses chez ses biographes, mais même les meilleurs, comme Alain Brunet et Claude Pichois, ne lui ont pas fourni exactement ce qu'il cherchait. Voilà la raison de cet essai consacré au mystère d'une femme qui avouait elle-même: «L'Art, c'est le mensonge, et c'est parce que je mens que mes livres existent.» Pour peu qu'on connaisse déjà l'oeuvre et surtout la vie de Colette, on le suivra volontiers dans cette affectueuse entreprise de démolitions. Fausse paysanne, fausse provinciale et même fausse Bourguignonne, la fille de Sido et du Capitaine fut une vraie Parisienne, autant attirée par la gloire et l'argent que nostalgique de la nature. Son portrait vengeur de Willy, repris par toute une série de commentateurs myopes, n'est qu'une caricature: s'il était vraiment aussi «flasque et répugnant, comment expliquer qu'il ait pu inspirer à Colette un amour passionné?» Et puis, comment la gamine de Saint-Sauveur-en-Puisaye aurait-elle percé dans la littérature sans son inventeur»? Mais la gratitude n'était pas son fort, comme devaient le constater son amie Missy - Mathilde de Morny - ou son bienfaiteur Sacha Guitry? Plus déplaisantes encore sont la froideur, la dureté qu'elle témoigna à Bel-Gazou, l'enfant qu'elle avait eu avec Henry de Jouvenel. Michel del Castillo n'a donc pas tort de reprendre le mot «vulgaire» employé par Léautaud, et d'en rajouter quelques-uns de son chef: «cynisme», «brutalité», «magnifique égoïsme», «indifférence supérieure». Mais n'était-ce pas la condition nécessaire à la sensualité animale qui imprègne ses plus belles pages? Je respire, disait-elle, donc j'ai le devoir d'être heureuse.
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Un récit d'apprentissage, dont l'auteur s'est fait moitié mémorialiste, moitié explorateur. Le mémorialiste n'est pas un protagoniste mais un témoin. Il donne d'abord la parole aux autres - ici, commandants et gouvernants -, en s'efforçant de les rendre présents en chair et en os à ceux qui ne les ont jamais approchés. L'explorateur, certes, revient de loin, niais il essaye surtout de dessiner les contours de zones mal connues. Tel ce continent...
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"Old France, overwhelmed by history, tormented by wars and revolutions constantly shifting between greatness and decline but pulling itself up from one century to another by its genius for renewal". Charles de Gaulle
Flaubert a écrit ses "Souvenirs, notes et pensées intimes" de 1838 à 1841.
Longtemps rejeté aux marges du romantisme dont il est pourtant une figure centrale, Alexandre Dumas est, enfin, reconnu pour ce qu'il est : un prodigieux fleuve narratif, le plus grand romancier du dix-neuvième siècle, peut-être. Eternel chasseur de gloire et d'argent, il a étendu pendant presque un demi-siècle sur l'Europe littéraire la lumière de son immense popularité. Il porte au théâtre la révolution romantique ; il invente pour instruire le peuple des romans historiques qui acquièrent la dimension de mythes littéraires, comme Les Trois Mousquetaires ou Le Comte de Monte-Cristo ; il tient en haleine les lecteurs de trois ou quatre feuilletons à la fois ; il fonde et rédige à lui seul des journaux ; dirige des théâtres. Né quand le " siècle avait deux ans " d'un père général républicain tôt disparu, il s'engage dans tous les combats pour la liberté, de la révolution de Juillet à l'épopée garibaldienne. Il écrit sans trêve ni repos, laissant à la joie et à l'admiration de la postérité reconnaissante des milliers de pages : une œuvre " éclatante, innombrable, multiple, éblouissante, heureuse " (Victor Hugo). Voyageur au long cours, millionnaire rongé de dettes, dissipateur magnifique, amant infatigable, ami fidèle, tendre père, ce grand dépensier a accumulé des trésors. Il était, selon George Sand, " le génie de la vie ".
C'est l'histoire d'un papa singulier, racontée par son fils sur le mode de la simplicité et de la naïveté. Un papa qui est docteur dans une ville de province, qui soigne des gens qui ne le payent pas mais lui offrent toujours à boire ; un papa qui finit ses journées fatigué et saoul, plus porté sur la bouteille que sur l'ordonnance ; un papa qui se cache derrière le piano de son cabinet, blagueur insupportable, à la fois j'menfoutiste et irresponsable, distrait, oubliant sa voiture dans un champ de betteraves ; un papa colérique qui menace de tuer la maman, "pas méchant, seulement un peu fou quand il avait beaucoup bu. Il a jamais tué personne, mon papa, il se vantait". Voilà un récit vif et amusant, cruel, tout en délicatesse et sensibilité, qui avance en bonds et rebonds, au fil des souvenirs toujours plus précis, plus implacables sur le père, sublime figure tragi-comique. A la manière de Je me souviens de Georges Pérec, Jean-Louis Fournier raconte un père qui ne manque pas d'amour, qui se cherche longtemps, avant de se retirer, désabusé et désoeuvré, au coeur d'une famille pas comme les autres, où tout est drôle à force de noirceur, de drames sans cesse répétés, de gaucheries et de maladresses. .
Fouquet a dû croire que tout s'achète, même le destin. Fouquet est l'homme le plus vif, le plus naturel, le plus tolérant, le plus brillant, le mieux doué pour l'art de vivre, le plus français. Il va être pris dans un étau, entre deux orgueilleux, secs, prudents, dissimulés, épurateurs impitoyables, Louis XIV et Colbert. Il succombera, étant resté un homme du temps de la Fronde, vivant dans un magnifique désordre, avec quinze ans de retard sur l'époque absolue qui s'annonce. Fouquet le prodigue, confiant et aveugle, n'ayant su ni percer à jour la Reine Mère, ni retenir Mazarin, ni juger Colbert, ni prévoir Louis le Grand, qui l'exécutèrent, puis le dépouillèrent de son faste.
Septembre 1939 : les hordes hitlériennes déferlent sur la Pologne. Mai 1940 : les blindés allemands traversent les Ardennes. L'armée française s'effondre, même si un colonel visionnaire devenu général, Charles de Gaulle, parvient à faire reculer la Wehrmacht à Montcornet et à Abbeville. Juin 1940. De Gaulle refuse d'accepter l'armistice demandé par l'état-major français et le maréchal Pétain. Depuis Londres, le 18 juin, il lance son appel à la poursuite des combats. Il veut sauver la nation, pour affirmer les droits et la grandeur de la France éternelle qu'il incarne alors. Depuis Bir-Hakeim, la France combattante guidée par de Gaulle tient sa place dans les batailles que livrent les Alliés. Mais le débarquement de ces derniers en Afrique du Nord française pose un grave problème politique. Roosevelt, président des États-Unis, refuse de voir en de Gaulle le chef des Français. Il lui préfère l'amiral Darlan puis le général Giraud. De Gaulle aurait pu accepter la situation mais l'indépendance et l'avenir de la France sont en jeu... Quant à la résistance intérieure le Général s'efforce constamment de la conduire et de l'unifier, car son action conditionne un acte essentiel : la libération de la France par ses propres fils! De Gaulle de retour sur le sol natal : c'est la France et la République qui rentrent chez elles. Si une œuvre gigantesque a été accomplie, la guerre n'est pas finie et les difficultés intérieures sont considérables. Il faut au premier des Français tout son courage et tout son sens politique pour rétablir l'économie et l'autorité de l'État dans un pays ravagé. Pour Charles de Gaulle, la France restaurée doit être consolidée par des institutions efficaces. Or les politiciens, qui ont retrouvé leurs habitudes partisanes, refusent les options du Général. C'est à regret que celui-ci voit de nouveau les nuages menaçants obscurcir le ciel de France.
L'auteur, fils de François Mauriac et gaulliste de la première heure, a composé ce livre à partir des articles qu'il a donnés à l'Agence France-Presse. Le récit porte sur les 19 derniers mois du général de Gaulle sur la période qui s'étend du 20 avril 1969 (une semaine avant le référendum sur la réforme des régions et du Sénat) jusqu'à la mort de de Gaulle, le 9 novembre 1970. Du même Jean Mauriac, on peut lire aussi Malagar, souvenirs d'enfance et de jeunesse du célèbre domaine familial situé dans les Landes.
François d'Assise est bien plus que le fondateur d'un ordre ou qu'un saint du calendrier. Sa personnalité n'est tributaire ni des temps, ni des lieux, ni des écoles. L'humble figure du Poverello réunit en elle-même les valeurs spirituelles les plus universelles. Ce n'est pas un hasard si la plus importante rencontre jamais organisée entre les différentes religions de l'humanité s'est tenue dans la petite ville d'Assise, en 1986. Ce personnage unique et d'une éternelle actualité revit ici sous la plume aussi alerte que précise de l'abbé Omer Englebert. A lire l'aventure de ce fils de riche marchand qui fut pris soudain d'Une folie d'amour inextinguible et contagieuse, on comprend à quel point la révolution franciscaine, retour radical à l'esprit de l'Evangile, a changé pour toujours la face du christianisme. François parle aux oiseaux et à son frère le loup, chante les louanges de Dieu partout à l'oeuvre dans la nature, s'adresse aux puissants comme aux hommes les plus humbles, avec une fraîcheur et une tendresse propres à bouleverser les coeurs les plus endurcis. Il est avant tout un maître de non-violence et de libération intérieure.
De manière simple et enjouée, le talentueux auteur-concepteur se confesse et nous explique sa double vie et l'origine de ses bandes dessinées.
Jeune fille intransigeante et meurtrie, étroitement liée à l'éveil de St-Germain-des-Prés après la guerre, avec Prévert, Queneau, Sartre, de Beauvoir, etc., puis chanteuse en noir applaudie sur toutes les scènes du monde. Juliette Gréco se raconte à la troisième personne. Un livre de tendresse ponctuée d'insolence.
On connaît les livres de guerre - le témoignage rigoureux et implacable de Ceux de 14. Le présent volume révèle l'autre versant de l'oeuvre de Maurice Genevoix, ces romans ou récits qui distillent une petite musique aussi fluide et poétique que le cours de la Loire, ses tours et ses détours, ses îles inattendues et ses promesses toujours tenues. Tous à tonalité autobiographique, ils abordent les thèmes chers à l'écrivain : la magie de l'enfance, la beauté profonde de la nature, le mystère des époques révolues, les douceurs de la vie de province, le sens inimitable de la vie animale. Partout, au fil des pages, sourd cet humanisme aussi rayonnant que bienfaisant qui enchante, émerveille, ravit le lecteur comme pour mieux le réconcilier avec l'harmonie du monde. A l'image de ces Trente mille jours, récit d'une vie inscrite dans son temps et commencée dans l'horreur du siècle, l'oeuvre de Maurice Genevoix est un viatique, un jardin empli de bonheurs simples, un Eden aux chants d'oiseaux, dans le parfum des fleurs et des fruits, dans le silence des jours et des nuits où la paix finit toujours par envahir celui qui en a poussé la porte.
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