Our French Library
Explore and borrow books, magazines and more from our library. Borrowing is free for students and members.
Explore and borrow books, magazines and more from our library. Borrowing is free for students and members.
Par un surprenant bouleversement spatiotemporel, Ed Cercueil et Fossoyeur Jones, les deux policiers noirs de Harlem rendus célèbres par Chester Himes, débarquent en plein Paris sur une enquête peu ordinaire puisqu'il s'agit de retrouver un jeune métis qui pourrait bien être le fils de Marie-Antoinette, laquelle s'apprête à monter sur l'échafaud. Choisir la Terreur pour cadre d'un roman d'aventures garantit une intrigue riche en coups d'éclat et en complots sanglants. Daniel Picouly qui s'est fait connaître par des romans policiers et plusieurs livres inspirés de l'enfance réunit ici tous les thèmes qui lui sont chers, celui de l'identité, de l'enfance dans un récit bondissant où Ed Cercueil et Fossoyeur Jones croisent Robespierre, la princesse de Lamballe et Olympe de Gouges. La vraisemblance n'est pas le souci majeur de l'auteur qui ne s'attache pas à écrire un roman historique mais souhaite plutôt caracoler librement au rythme haletant d'aventures étonnantes dans le décor parfaitement campé du Paris du XVIIIe siècle.
Manon Lescaut est l'illustration par excellence d'une forme - le roman-mémoires - que le XVIIIe siècle pratique avec délectation. A la fois héros et narrateur, le chevalier Des Grieux entreprend le récit d'une passion folle. Le roman tout entier est placé sous le signe de l'équivoque : a-t-on affaire à un aveu sincère ou à un plaidoyer pro domo ? L'héroïne elle-même est-elle vénale ou bien sublime ? En effet, comme le dit l'un des personnages de Prévost, " quelle fidélité attendre d'une plume conduite par l'amour ? "
Une femme d'un certain âge aliène sa liberté et trouble sa solitude pour une jeune postière orpheline délaissée par son amant. Cette histoire très simple est écrite avec finesse et justesse mais l'engouement de la critique nous semble un peu excessif.
Evocation de la Provence au début du siècle. L'auteur est à l'écoute de souvenirs de sa vieille mère (98 ans en 1986).
... Il y aurait eu ensuite, en quelques secondes, un grand fracas de verres cassés et de chaises renversées. J'aurais donné une gifle à Patricia et j'aurais couru à la poursuite de Sylvie qui s'enfuyait avec son cousin. Au passage, le saxophoniste m'aurait arrêté en me donnant un coup de pied dans le ventre...
Dans Pour la critique, Sainte-Beuve expose sa vision d'une critique protéiforme qui se doit de faire comprendre l'oeuvre de manière intime et de faire office d'intermédiaire entre l'élite intellectuelle et l'ensemble des lecteurs. Lorsqu'il se prononce Contre Sainte-Beuve, ce sont à la fois ces ambitions déclarées et la manière de Sainte-Beuve que Proust met au pilori. Pour lui, ce ton qui se veut détaché est en réalité une vertu mondaine qui s'apparente au morceau de bravoure recherché. Quant à faire de la critique une activité mimétique au point d'en arriver au pastiche, adopter le style de l'auteur au point d'en oublier le sien, cela équivaut à n'en avoir aucun. Au-delà d'une querelle de méthode qui transgresserait les frontières temporelles, cet ouvrage offre une manière de comprendre la beauté non pas intellectuelle et catégorisante, mais sensorielle et spirituelle. La beauté s'impose comme une vérité, elle se manifeste par une impression. Ce plaidoyer illustré pour une libération de la sensation, dans la création comme dans la critique littéraire, se présente donc tout naturellement comme un entrelacement d'analyses et d'impressions qui laisse libre cours à la mémoire.
A Paris vers 1895, quelques romanciers sont en quête de leurs personnages. En effet, il advient parfois à ceux-ci de sortir du manuscrit qui les élaborait et d'aller se promener dans le vaste monde où il leur arrive d'autres aventures. D'autres ? ou les mêmes ? Quand Icare, par exemple, s'intéresse à l'avenir des moyens de transport, aura-t-il le destin que son nom peut suggérer ? Quelle fin lui prépare son auteur ? Et de quel auteur s'agit-il ?
Il y a un âge où on ne rencontre plus la vie mais le temps. On cesse de voir la vie vivre. On voit le temps qui est en train de dévorer la vie toute crue. Alors le coeur se serre. On se tient à des morceaux de bois pour voir encore un peu le spectacle qui saigne d'un bout à l'autre du monde et pour ne pas y tomber.
L'une des énigmes de l'enfance de Michel Ragon, l'auteur des célèbres Mouchoirs rouges de Cholet, fut Odette, la petite Cambodgienne que son père, sous-off de la coloniale, avait ramenée d'Indochine. Parti à la recherche de l'identité de cette sueur venue d'Asie, Michel Ragon redécouvre aussi son père, sa vie... "Ma soeur aux yeux d'Asie, c'est en fond de décor l'Indochine d'avant 1914, colonie du mou, du visqueux, de la fièvre et des moustiques, colonie des congaïs que l'on achète et que l'on abandonne en leur enlevant leur enfant... C'est aussi l'opposition de deux cultures qui, dans le métissage, dégénère en tragédie. C'est l'histoire d'un paysan français qui débarque en 1909 en Cochinchine en vainqueur (vainqueur de sa propre misère) et qui peu à peu sera vampirisé par l'Asie; et que l'on verra, la retraite venue, quitter un jour sa tribu paysanne retrouvée pour emmener par la main sa petite fille métisse voir le temple d'Angkor reconstitué à Paris, dans la fabuleuse Exposition coloniale de 1931. Mais ceci, c'est tout un roman."
Depuis qu'elle avait vu un homme écrasé, vers les cinq heures de l'après-midi, devant la gare du Nord, Mme Cloche était enchantée. Naturellement elle disait qu'elle n'avait jamais vu une chose plus horrible que ça ; et il devait en être ainsi, car le pauvre Potice avait été soigneusement laminé par un autobus. Par une série de hasards soigneusement préparés, elle se trouva assise, vers la même heure, en face du même endroit, à la terrasse d'un café qu'une bienheureuse coïncidence avait justement placé là. Elle commanda une camomille, et patiemment, attendit que la chose se renouvelât.
Jeux de langage et registre comique, parodie et dédoublement schizophrénique. Un syncrétisme personnel. R. Queneau, selon sa bonne habitude, met en question l'Histoire, la science, les idéologies et l'écriture. L'accompagnement pédagogique analyse le pacte de lecture auquel Queneau nous convie: cinq arrêts sur lecture, et bilans.
Trompé et méprisé par sa femme, un jeune paysan se met à boire. Un nouveau malheur lui vole son fils. Persécuté par le destin, la folie lui ouvre ses bras, lui souffle un crime atroce. N'importe où, hors du monde, écrivait Baudelaire. Pour Jean-Luc, ce sera le précipice. Ce roman oppressant compte parmi les premières réussites d'un Ramuz hanté par les complots diaboliques de la montagne.
Les mains liées dans le dos, nue et les yeux bandés, O pénètre dans le château de Roissy, guidée par deux jeunes filles très belles aux robes d'un autre temps retroussées sur leur ventre et leurs reins nus. O passera quinze jours dans ce château où l'a amenée René, son amant adoré. Les sévices subis sont chaque jour renouvelés. O est offerte et prise, fouettée et murée dans le silence, O commence l'apprentissage de l'esclavage. Par amour pour René, O ira très loin dans la négation de soi. Elle abdiquera toute volonté et perdra définitivement sa liberté. Et si O change de maître, c'est pour mieux éprouver les plaisirs extrêmes qui résident dans le fait d'être totalement livrée, corps et âme au sens strict, à un homme qu'on aime et qui aime en retour. C'est un voyage sans retour qu'O entreprend dans des contrées méconnues où le plaisir naît d'une souffrance intolérable.
Il ne se passe apparemment pas beaucoup de choses dans Un rude hiver : un réactionnaire plein de rancœurs va déjeuner chez son frère, se promène au bord de la mer avec une Anglaise en uniforme, et emmène au cinéma deux enfants qu'il a rencontrés dans un tramway. La première fois, je me suis émerveillé de cette histoire tranquille en me demandant comment elle faisait pour m'émouvoir. Depuis, à chaque relecture, je découvre un détail auquel je n'avais pas prêté attention : par exemple, que la date fatidique de l'incendie des Grandes Galeries Normandes coïncide avec la date de naissance de Raymond Queneau : Je naquis au Havre un vingt-et-un février en mil neuf cent et trois. Ou bien que Lehameau ressemble beaucoup au père de Queneau : Il s'abonnait aux journaux suisses pour lire les communiqués allemands... (Chêne et Chien) " Et de plus il lisait les communiqués allemands dans le Journal de Genève auquel il était abonné" "(Un rude hiver, p.14). Ou encore que, puisque Miss Weeds s'appelle en français Mlle Chiendent, il est juste que Lehameau s'appelle en anglais Hamlet, et que d'ailleurs il y a dans Un rude hiver un spectre (le fils de Mme Dutertre), deux fossoyeurs (lorsque Lehameau va sur la tombe de sa femme) et même un rat (M. Frédéric est appelé ainsi p. 135) derrière une tenture (c'est-à-dire dans l'arrière-boutique de la librairie). Aucune de ces découvertes n'est vraiment originale ; la plupart de ceux qui ont écrit sur Queneau - Bens, Gayot, Queval, Simonnet - les avaient déjà faites : mais, de surprise en surprise, de découverte en découverte, Un rude hiver, pour moi, s'achemine doucement vers l'inépuisable.
Les Français viennent de gagner une guerre, et les gens chics de Paris s'amusent. Ils donnent des bals, ils flirtent, ils applaudissent les clowns et les acrobates dans les cirques. Au milieu de ce tourbillon, dont le comte Anne d'Orgel est l'ordonnateur, Mahaut et François de Séryeuse vont s'aimer. Mais d'une manière tout intérieure, dominés tous deux par un sens du devoir et de la loyauté envers l'homme qui les a réunis. C'est Max Jacob et Jean Cocteau qui découvriront Raymond Radiguet (1903-1923), flamboyant auteur de deux romans qui défraieront la chronique. Une vie et une oeuvre aussi fulgurantes qu'un petit pan de mur jaune dans une époque de feu, de sang et de séparation.
La vie du géant Pantagruel, fils de Gargantua et de Badebec, n'est pas banale; tout petit déjà, il boit, à chaque repas, le lait de plus de quatre mille vaches ; que dire des provisions qu'il emporte quand, jeune homme, il visite les universités de France ! Avec son ami Panurge, le voilà embarqué dans des aventures plus pittoresques les unes que les autres.
Lettres et oeuvres diverses avec un glossaire, un index des personnages, une tables des cinq livres et des citations clés | Le Cinquiesme Livre des faicts et dicts héroïques du bon Pantagruel | Le Quart Livre des faicts et dicts héroïques du bon Pantagruel | Le Tiers Livre des faicts et dicts héroïques du bon Pantagruel | Pantagrue, roy des Dipsodes | La vie très horrificque du Grand Gargantua, père de Pantagruel
L'écornifleur, écrit en 1890, publié en 1892, a pour héros un parasite habile, mais séducteur pusillanime qui se rend indispensable à une famille de bourgeois en vacances au bord de la Manche (père, mère et nièce). Un vaudeville de moraliste à la poursuite des pensées "de derrière les reins" (J. R.).
Qui ne connaît pas Gargantua ? Ne vous a-t-on jamais dit que vous aviez un appétit "gargantuesque" ? Si tel est le cas, soyez heureux. Car Gargantua est un personnage mythique de la littérature française du XVIe siècle. Créé par François Rabelais, Gargantua est un géant truculent dont le nom est passé dans le langage courant pour désigner son appétit énorme et insatiable. Rabelais écrit l'ouvrage en mêlant rêve et réalité. Sous forme de chroniques, on découvre avec plaisir les aventures comiques et magnifiques de Gargantua, de guerres en ripailles. Outre son esprit satirique, Rabelais montre ici un talent de conteur et de portraitiste. Ces pirouettes stylistiques lui permettent d'exprimer sa philosophie en toute liberté malgré la censure et les guerres de religion propres à l'époque de François Ier. Une philosophie faite d'épicurisme souriant et modéré. En prose et en vieux français, ce roman comporte tous les éléments propres aux oeuvres indémodables.
Pauvre Poil de Carotte ! Surnommé ainsi à cause de sa chevelure rousse et de ses taches de rousseur, rien n'est épargné à ce petit garçon... Bien malgré lui, il devient le souffre-douleur d'une famille où il a bien du mal à trouver sa place. Sans cesse raillé ou humilié, tout à tour victime de la cruauté de sa mère, madame Lepic, de la lâcheté de son frère, Félix ou du caractère bourru de son père, il doit encore souffrir de sa maladresse ou de sa malchance. On ne peut s'empêcher d'être ému, révolté ou parfois effrayé devant toutes les épreuves qu'il doit supporter. Mais petit à petit, au fil des chapitres, on s'attache à ce petit garçon renfermé, secret, qui cache au fond de lui-même une tendresse et un coeur énormes et, par-dessus tout, une immense envie d'être aimé. Un grand classique de la littérature enfantine au style riche, illustrant le thème des enfances difficiles.
Une histoire d'amour pour l'été. Par un écrivain qui mérite son succès auprès du grand public et retrouve ici certains accents de Salinger et de Fitzgerald. Un mélange attachant d'espièglerie, de vivacité, de naïveté, rêveuse, de sensibilité nerveuse et de charme crépusculaire.
Texte nu. Cette pièce constitue un classique du dépouillement, de la régression et de la sobre désespérance.
Publié en 1974, ce roman autobiographique dépeint l'Algérie d'entre les deux guerres à travers les émouvantes observations et situations d'un adolescent qui se souvient.
Become a member of Alliance Française Wellington and get exclusive offers and discounts.