Our French Library
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Récit-enquête-plaidoyer. Decoin a reconstitué l'itinéraire d'une jeune Française de 20 ans, condamnée à mort en Malaisie pour trafic de drogue. Il s'est ensuite envolé dans ce pays pour poursuivre son enquête, et en revenir avec la conviction que Béatrice Saubin est innocente.
Publié en 1950, ce roman d'apprentissage n'a rien perdu de son alacrité. "Dans le décor stendhalien d'une Italie rêvée, l'histoire d'un amour bref, inoubliable et douloureux".
Autour d'une forteresse, invraisemblable demeure qui digère ses hôtes, et dissimule un vaste abri antiatomique souterrain. Un roman centré sur les relations d'une despotique veuve, ex-tragédienne paralysée, et de son énigmatique régisseur. Quoique présélectionnée par le jury du prix Femina, l'oeuvre, à la fois anecdotique et assez maladroitement symbolique, ne se distingue guère de la production courante et constitue "une interrogation pesante, sur l'homme, son destin et son pouvoir".
L'intrigue des Trompeuses espérances part d'un lieu qui " pourrait " être Positano où un jour, descendant à la plage, j'ai croisé dans le sentier de chèvre un groupe d'amateurs sagement occupés à peindre ou dessiner le paysage sous la houlette d'un grand et gros homme en costume d'alpaga beige, coiffé d'un panama d'artiste. Aucun de ses fervents et dociles écoliers - dont je précise que les âges variaient entre trente et soixante-dix ans -, non, aucun n'aurait pu m'inspirer l'histoire quasi policière qui occupe ces pages. Il n'y avait pas non plus réellement d'Inès parmi eux bien que j'eusse rencontré son modèle en la personne d'une jeune fille d'une grande beauté qui vivait dans une maison envahie par le jasmin. Sans aucun scrupule, je lui ai emprunté son visage et même peut-être certains de ses gestes et la grâce de ses mains, la raucité de sa voix. Les héros de cette histoire ne se préoccupent que d'eux-mêmes. Ils font partie de la majorité égocentrique. Autour de M. Barbe, on vit dans les " hautes sphères de l'Art " en convoquant sans cesse Ingres ou Gauguin ; Jean ambitionne d'être un grand boxeur ; Michel joue les Malraux du pauvre ; Inès et Olivier vivent une passion contrariée... Les trompeuses espérances raconte une histoire où le désir entre pour beaucoup.
Ce livre est un monologue à deux voix , si l’on peut dire, le même personnage faisant les questions et les réponses. Et il parle de la vie de deux soeurs entre 1930 et 1975-80 : entre elles deux, amour, protection, soumission, jalousie. Il y en a une qui fait la course en tête, par talent, tandis que l’autre -la narratrice- s’évertue à l’égaler. Elles se prennent des hommes, elles courent à qui mieux mieux après l’argent. Un oeil exercé y verrait un parallèle entre la vie de Lee Radzivill et celle de sa soeur, la combien plus fameuse Jackie Kennedy. Mais il s’agit d’un roman, et la preuve en est que c’est la moins célèbre qui a la parole. Mieux : derrière ces deux soeurs de chair et de légende, ce sont deux entités soeurs, deux cultures qui s’aident, s’aiment et s’affrontent dans ces pages : l’Amérique et l’Europe. L’auteur s’est payé le luxe de recruter parmi ses nombreux figurants Cecil Beaton, le duc de Beaufort, Aristote Onassis, la reine d’Angleterre, Peter Towsend et la princesse Margaret, Bobby Kennedy, les Stevens, Moïra Sherer, Chiquita Astor, les Whighsman, Pamela Harriman, quelques chauffeurs de maître, Andy Wharol, des domestiques et jusqu’au Général et madame de Gaulle...
À quoi servent nos morts si nous ne pouvons exhiber leurs reliques ? Au lendemain de la guerre d'indépendance, cet étrange raisonnement réveille les régions d'Algérie les plus reculées. Retrouver leurs morts, tel est le leitmotiv des survivants. Et sur les routes, on voit passer des convois de paysans, à la recherche des chers ossements, perdus bien loin de leurs villages dont ils sortent souvent pour la première fois. Le narrateur du roman, un jeune Kabyle, a été désigné par sa famille pour retrouver les mânes de son frère, tué au maquis comme tant d'autres. Pour le jeune garçon, le but du voyage n'est qu'une supercherie : pourquoi diable ramener au pays les cendres de ceux qui ont souvent choisi la guerre pour s'échapper de leurs pays trop sévères ? Mais le voyage en lui-même est autrement plus excitant : tout est nouveau pour les yeux émerveillés de celui qui n'a jamais quitté le bled. Le récit prend alors un tour initiatique, mêlé d'une nostalgie qui nous entraîne au fil des souvenirs d'enfant.
Un ancien mannequin-vedette mariée à un banquier s'éprend d'un dangereux repris de justice. L'histoire d'une femme exaspérée. Un roman qui a pu (en 1971) choquer sans vulgarité, et qui distrait sans platitude. Une héroïne qui refuse conventions et conformisme. Tonique. Fringant. Hussarde parmi les Hussards (Nimier, Blondin, etc.) Geneviève Dormann? Peut-être, mais en plus parisienne, en plus frimeuse.
"De ce moment, je fus renfermée dans ma cellule; on m'imposa le silence; je fus séparée de tout le monde, abandonnée à moi-même; et je vis clairement qu'on était résolu à disposer de moi sans moi. Je ne voulais point m'engager, c'était un point résolu; et toutes les terreurs vraies ou fausses qu'on me jetait sans cesse ne m'ébranlaient pas." Le roman de Diderot peut se lire comme une "fable" de la liberté.
Jazz et vin de palme est un recueil de nouvelles grinçant, à l'humour caustique et à la tendresse amusée, merveilleusement bien écrit. Où comment l'Afrique compose avec ses anciens et ses nouveaux démons. Né en Centrafrique en 1941, Emmanuel Dongala dresse un portrait de l'Afrique cynique et désenchanté, et nous emmène à New-York au coeur du jazz américain. Son premier cheval de bataille : le communisme et ses ravages au temps de la Révolution rouge de Brazzaville, qu'il écorche vif dans trois nouvelles : " L'étonnante et dialectique déchéance du camarade Kali Tchikaki ", " Le procès du père Libiki " et " La cérémonie ".
Jacques et son maître s'adressent a ceux qui doutent : est-ce le destin qui nous conduit ? Sommes-nous vraiment libres de bien ou de mal faire ? Questions éthiques et philosophiques, questions agitées gaiement, parce que l'humour embrasse tous les paradoxes du monde. Ce roman ne se contente pas de réfléchir les idées des Lumières, son prisme reflète aussi toutes les traditions romanesques pour en déjouer les pièges. La fantaisie la plus échevelée se trouve miraculeusement contenue par la rigueur d'une pensée ferme autant qu'audacieuse. Car les aventures de nos deux compères, loin d'être gratuites, sont une joyeuse initiation à la libre pensée.
Les Croix de bois, chef-d'oeuvre de Roland Dorgelès, engagé volontaire, est un témoignage exceptionnel sur la Grande Guerre. Avec un réalisme parfois terrible mais toujours d'une généreuse humanité, la vie des tranchées nous est décrite dans toute son horreur et aussi sa bouffonnerie, son quotidien et ses moments exceptionnels. SDM
Comment expliquer, et donc comprendre, un fait en apparence banal : la disparition d'une femme, sans remonter dans le passé, revenir sur des événements emblématiques, rappeler l'histoire, le contexte, démêler les fils enchevêtrés de ses propres liens avec un monde, qui se nomme ici : l'Algérie ?
L'histoire du deuil infini d'un vieillard inconsolable. Un récit dont l'écriture poétique tisse un réseau complexe de sensations. Prix Femina 1999.
Étrange aventure, pour un universitaire qui enseigne confortablement Proust à New York, lorsqu'il découvre un jour que Swann, c'est soi. Qu'un amour tenace s'est tissé en lui, malgré lui, autour d'une femme « qui n'était pas son genre ». Toutes ses analyses de Proust, toutes ses courses affolées chez son propre analyste ne lui sont d'aucune assistance. Il assiste au déroulement inéluctable de la passion qui va bouleverser son existence. Faute d'avoir pu se maîtriser, il entend du moins, à la différence de Swann, s'écrire. Rattraper ainsi sa vie, se rattraper. En notre fin de siècle, les élégances raffinées des années Swann ont disparu: on bat désormais sa coulpe, rageusement, ironiquement, à tripe ouverte.
Depuis sa plus tendre enfance, Gaspard suscite, par sa seule présence, les événements les plus surprenants... aussi se méfie-t-on de lui à Lominval. Et voici que survient un enfant aux yeux purs, qui va entraîner Gaspard dans sa quête du Grand Pays, le pays des vagabonds, où palmiers, bouleaux, chênes et pommiers croissent, dans la terre noire, près de la mer... Guidés par un mystérieux cheval pie, les deux amis partent à la poursuite de leur rêve...
Ce qui fait l'intérêt du Chemin des dames, c'est premièrement l'autorité du style et c'est deuxièmement la même chose. La rapidité, le raccourci. On a affaire à la postérité de Morand, à l'école de Nimier. A beaucoup de parti pris. A un cynisme qui exagère, mais qui, en même temps, purifie. A un humour qui fait du bien. A un mariage assez curieux de romantisme et de lucidité. Un certain goût des "enfants tristes", du plaisir d'être malheureux ; un besoin d'absolu qui se venge de son échec par l'ironie, la poésie, la sincérité agressive. Une férocité, une tendresse. Une générosité cachée. Un grand dégoût de la platitude. Un document sur une époque, sur un milieu et sur une mode du sentiment.
Les heures graves de l'enfance tiennent tout entières dans la vivacité d'orvet de l'élastique, dans la bave du stylo à bille et ses éclaboussures mauvaises. Il y a des drames de cour et le bien-être tiède de l'encre mauve. Dans les pupitres, les punaises font des trous comme des galeries de vers. Alors, j'arrachai la spirale des carnets. Sur mes ongles, je collai des gommettes rouges. La pointe de l'équerre, je la rongeai. La trousse, avec l'agrafeuse, le compas, le cutter et la perforatrice, devenait chambre de torture. De chacun de ces outils grotesques, fantasques ou composites, j'ai tiré une gravure.
Une confrontation père-fille en une histoire très contemporaine où sévissent les médias sur toutes leurs formes, l'auteur poursuit l'ironique observation de notre société.
"La guerre de 14, je ne l'ai pas connue. Je veux dire, la tranchée boueuse, l'humidité qui traverse les os, les gros rats noirs au pelage d'hiver qui se faufilent entre les détritus informes, les odeurs mélangées de tabac gris et d'excréments mal enterrés, avec, pour couvrir le tout, un ciel métallique uniforme qui se déverse à intervalles réguliers comme si Dieu n'en finissait plus de s'acharner sur le simple soldat.
Elle avait vingt ans sous la Terreur, à Nantes. C'était une jeune fille aux idées avancées. Elle n'aimait pas les prêtres mais elle était royaliste. Amie des Vendéens insurés, elle épousa pourtant un capitaine républicain. Pour son malheur. A Paris, sous le Directoire, elle rencontra l'amour fou. Le général de La Horie était jeune, brillant et proscrit par Napoléon. Pour le retrouver, elle parcourut les routes de France, d'Italie et d'Espagne. Avec lui, elle complota contre le régime et tout cela se termina très mal. Elle avait trois fils dont le dernier s'appela Victor Hugo. C'est à cause de lui qu'on occulta sa vraie vie. Car, quand on est la mère d'une gloire nationale, il y a des choses qui ne sont pas permises. Surtout au XIXe siècle.
Vingt ans après, ils courent, chevauchent et ferraillent toujours, sur les routes de France ou d'Angleterre. Leurs bras, comme leurs langues, n'ont rien perdu de cette vigueur étincelante qui les faisait déplacer les montagnes et réussir l'impossible. Leur amitié, dans les moments critiques, ressoude leurs quatre lames comme limailles autour d'un seul aimant. Mais les temps ont bien changé. Aramis sert ses duchesses, Athos ne songe qu'à son fils, Porthos à son titre et d'Artagnan s'est attaché à un Mazarin que tout le monde abandonne. C'est le règne de l'individualisme bourgeois que Dumas dénonce, et l'élan brisé de la jeunesse, de ses espoirs, qu'il évoque avec une tendre nostalgie. Les montagnes, cette fois, ne bougent plus. Le ciel s'est assombri. Et si les dialogues claquent toujours, dans ces pages ferventes et enflammées, ils s'épuisent aussi, bien souvent, contre le mur de l'irrémédiable. Cette fragilité avouée, ce demi-renoncement, grandissent Dumas et nous le rendent plus proche encore.
Vingt ans après, ils courent, chevauchent et ferraillent toujours, sur les routes de France ou d'Angleterre. Leurs bras, comme leurs langues, n'ont rien perdu de cette vigueur étincelante qui les faisait déplacer les montagnes et réussir l'impossible. Leur amitié, dans les moments critiques, ressoude leurs quatre lames comme limailles autour d'un seul aimant. Mais les temps ont bien changé. Aramis sert ses duchesses, Athos ne songe qu'à son fils, Porthos à son titre et d'Artagnan s'est attaché à un Mazarin que tout le monde abandonne. C'est le règne de l'individualisme bourgeois que Dumas dénonce, et l'élan brisé de la jeunesse, de ses espoirs, qu'il évoque avec une tendre nostalgie. Les montagnes, cette fois, ne bougent plus. Le ciel s'est assombri. Et si les dialogues claquent toujours, dans ces pages ferventes et enflammées, ils s'épuisent aussi, bien souvent, contre le mur de l'irrémédiable. Cette fragilité avouée, ce demi-renoncement, grandissent Dumas et nous le rendent plus proche encore.
Si Athos, Porthos et d'Artagnan sont morts, Aramis, lui, vit toujours. Prince de l'Eglise, grand d'Espagne, aveugle et septuagénaire, il dicte ses Mémoires à une jeune orpheline, sa filleule. Et son dernier amour. La demoiselle se laisse faire, captivée par la manière dont Aramis raconte sa vie. La magie du verbe tient ici du sortilège. Le lecteur se laisse à son tour entraîner par la prose de Jean-Pierre Dufreigne et sa passion pour le XVIIe siècle. Au fil du récit, ressuscitent auprès du dernier mousquetaire vivant quelques galantes, de la maréchale de l'Hospital à Mme deChevreuse, que le père Dumas, qui s'y connaissait, n'eût pas répudiées. Un prix Interallié (1993) des plus enlevés.
On s'étripe, on s'égorge, on se massacre avec une volupté sans précédent. Corps transpercés, martyrisés viennent éclabousser un sein nu de leur sang. Les beaux duels des mousquetaires n'ont plus cours à l'heure de la Saint-Barthélemy. On s'assassine avec rage, les hommes sont des chiens, les héros des sangliers blessés. Dumas sème les cadavres au fil des pages de ce livre de chasse, trempé dans le poison de Catherine de Médicis. La fièvre érotique tient lieu d'amour, la ruse, l'intérêt et la peur dictent les intrigues. Vague noire et rouge, la violence balaye et emporte tout. Dans les cris, les halètements, les plaintes désespérées, Dumas enfièvre ses dialogues à coups de rapière ou d'arquebuse, avec une énergie morbide. Les vengeances succèdent aux trahisons, et la mort à la folie, dans ce monde de bruit et de fureur, livré au chaos, que seule l'amitié fidèle de La Mole et Coconas transcende.
Une femme riche parcourt les mers sur son bateau pour tenter de retrouver un homme qu'elle a aimé et qui est peut-être mort ou en fuite. Du Duras première manière, la plus accessible. Thèmes principaux: la quête impossible de l'amour perdu, la séparation, l'absence.
La Comtesse de Charny succède immédiatement à Ange Pitou : il débute le 6 octobre 1789 pour s'achever, le 21 janvier 1793, avec l'exécution du roi. L'aventure collective relègue à l'arrière-plan les destins individuels et les personnages ne subsistent plus que comme symboles d'une idée ou d'un groupe social. Billot incarne le peuple, Charny, l'aristocrate loyal, Gilbert, le constitutionnel, Pitou, la générosité. Au cours des événements qui ponctuent la chute de la royauté (fuite à Varennes, retour aux Tuileries, 10-Août, procès du roi), les héros ne réapparaissent que pour terminer leur carrière romanesque par la mort ou l'exil. Après les excès des passions antagonistes, Le Chevalier de Maison-Rouge incarne la tentative de réconciliation. Un républicain convaincu, Maurice Lindey, s'éprend d'une royaliste, Geneviève Dixmer, dont le mari et le frère (celui-ci est en réalité le chevalier de Maison-Rouge qui se cache sous un faux nom) ont entrepris de délivrer la reine du Temple. Maurice, révolutionnaire mais humain, Geneviève, royaliste mais amoureuse, vivent un amour impossible : la cruauté de Dixmer et de celle de son double républicain, Simon, les conduira à la mort sur l'échafaud, après que la reine elle-même aura eu la tête tranchée. Le roman semble illustrer cette phrase de Michelet : " Cette affaire [...] fut un solennel champ de bataille où se rencontrèrent et se combattirent deux principes et deux esprits : l'un, Le principe original et naturel qui avait fait la révolution, la justice, l'équitable humanité - l'autre, le prince d'expédients, d'intérêt, qui s'appela le salut public, et qui a perdu la France. "
L'hisioire de Lol Valérie Stein commence au moment précis où les dernières venues franchissent la porte de la salle de bal du Casino municipal de T. Beach. Elle se poursuit jusqu'à l'aurore qui trouve Lol V. Stein profondément changée. Une fois le bal terminé, la nuit finie, cette histoire s'éteint, sommeille, semblerait-il durant dix ans. Lol V. Stein se marie, quitte sa ville natale, S. Tahla, a des enfants, paraît confiante dans le déroulement de sa vie et se montre heureuse, gaie. Après la période de dix ans la séparant maintenant de la nuit du bal, Lol V. Stein revient habiter à S. Tahla. Elle y retrouve une amie d'enfance qu'elle avait oubliée, Tatiana Karl, celle qui tout au long de la nuit du bal de T. Beach était restée auprès d'elle, ce qu'elle avait également oublié. L'histoire de Lol V. Stein reprend alors pour durer quelques semaines.
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