Our French Library
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C'est le très grand mérite de Georges Bordonove d'avoir percé (grâce à des documents conservés aux Archives nationales) certains de ces secrets et de restituer, à travers les témoignages de l'époque et l'oeuvre elle-même, un Molière vivant, familier, aux prises avec des problèmes de logement, d'argent, de recrutement, de sentiments, de rivalités littéraires et, en même temps, un artiste génial. L'homme et son oeuvre...
Marie-Hélène Vieira da Silva est née au Portugal (Lisbonne, 1908). Elle vient à Paris à 20 ans, persuadée qu'elle y trouvera la peinture qu'elle imaginait. Quelques heures après son arrivée, elle s'inscrit à l'Académie de La Grande Chaumière où elle rencontre Arpad Szenes, peintre d'origine hongroise, qu'elle épousera en 1930. Elle a la grande opportunité de faire sa première exposition dans la galerie dirigée par Jeanne Bucher (1932), avec laquelle elle se lie d'une profonde amitié. Devenue apatride par mariage, elle se réfugie au Portugal en 1939, puis devant les incertitudes de la politique menée par le gouvernement portugais d'alors à l'égard de l'Allemagne, en 1940 elle gagne le Brésil. Elle reviendra en France après la guerre : l'exil aura duré sept ans. A la disparition de Jeanne Bucher, le célèbre marchand Pierre Loeb l'invite à exposer dans sa galerie (1949). Elle demande sa naturalisation et l'obtient enfin en 1956. Sur le plan des origines, comme de l'esthétique, l'œuvre de Vieira da Silva est une victoire du cosmopolitisme. Comme elle se plaît à le dire, les influences auxquelles elle est soumise " sont diverses et contradictoires ", et elle a pris son grain là où il lui a plu de le prendre. A deux ans elle commence à marcher dans les squares parisiens. Avec ses parents elle sillonne l'Europe. Après la mort de son père en Suisse (1911) elle apprend à voir et à lire à Londres en visitant les musées. La représentation du Songe d'une nuit d'été, au casino de Hastings, restera inoubliable, tout comme, quelques années après, les spectacles présentés par " Les Ballets Russes " de passage à Lisbonne. C'est dans la bibliothèque de son grand-père maternel, fondateur de l'un des plus importants journaux du Portugal, O Seculo, de tendance libérale et républicaine, qu'elle découvre, transposée en blanc et noir, la peinture occidentale, de la Renaissance en particulier. Grâce à lui elle peut fréquenter sans contrainte les théâtres et les concerts. La musique de Debussy, que ses tantes jouent et chantent, lui est plus familière que l'œuvre de Monet. C'est en 1928 qu'elle entreprend son Grand Tour et découvre jusqu'au ravissement l'Ecole siennoise La peinture se présente à elle comme un engagement total de soi et comme un instrument de connaissance. Les motivations qui conduisent un artiste à se libérer sont nombreuses. Chaque époque se trouve devant l'exigeante nécessité d'inventer sa propre vision. Il ne s'agit pas de recherches, comme on le pense souvent mais de différences : " Je n'évolue pas, je voyage ", a écrit le poète Fernando Pessoa, son contemporain et son concitoyen. L'artiste est amené à créer des formes nouvelles ou particulières parce que celles léguées par le passé, ou utilisées par ses prédécesseurs ne sont plus satisfaisantes C'est une nouvelle fois la tâche entreprise par quelques peintres regroupés à Paris. La guerre avait tout transformé. Ambitieusement ils se sont mis au travail pour tenter, en interprétant la réalité qui se construisait sous leurs yeux, de parvenir à une perception globale de l'objet, puis du monde lui-même. La rendre visible, par le moyen de la peinture a été leur aventure et leur gageure. Vieira da Silva est décédée à Paris, le 6 mars 1992
Huitième recueil d'une auteur d'origine tunisienne vivant à Paris et qui sait exprimer son "attachement inquiet aux deux rives de la Méditerranée" (G. Ripault). Une poésie "d'alliances et de métamorphoses" qui "acquiert une dimension cosmique, tant l'être y est en symbiose avec les éléments" (G. R.). Une simplicité intense. Une poésie plus méditative que philosophique ("l'horizon est apatride", etc.).
Réédition revue et augmentée d'un ouvrage paru en 1964. Après une centaine de pages où l'écrivain récupère les éléments fantastiques des mythes, du merveilleux et de la féerie, l'historien, qui connaît son sujet de l'intérieur puisqu'il est lui-même un auteur fantastique, nous fait parcourir les vastes et souvent méconnus domaines littéraires français où l'on retrouve le fantastique sous toutes ses formes. Quoique très documenté (index et bibliographie à la fin), cet ouvrage manque peut-être de rigueur, en donnant une définition trop élastique de son sujet, mais n'en demeure pas moins passionnant å parcourir. Important.
Le narrateur rencontre, dans un autobus, un jeune homme au long cou, coiffe d'un chapeau orné d'une tresse au lieu de ruban. Le jeune homme échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur, puis va s'asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur rencontre le même jeune homme en grande conversation avec un ami qui lui conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus. Cette brève histoire est racontée quatre-vingt-dix-neuf fois, de quatre-vingt-dix-neuf manières différentes.
Dans sa conclusion (cf. p. 278-289), l'auteur résume sa démarche: "Il s'agissait de montrer la possibilité et d'éprouver l'efficacité d'une approche formelle fondée sur les hypothèses et soutenue par les concepts de la poétique du roman". Cinq parties: Le vérifiable - Le vraisemblable - La perspective narrative - L'intégration épique de l'espace - Progression narrative et progression thématique.
Analyse de 400 oeuvres marquantes de la littérature française, et répertoire de leurs thèmes, p. 359-434. Habile système de renvois permettant de circuler d'une partie à l'autre de l'ouvrage. Le nombre des ouvrages de réflexion critique et des essais a été limité au profit des oeuvres relevant de la création littéraire proprement dite. Très pratique. Prudent mais fiable. Clair. La présente nouvelle édition a été enrichie d'une cinquantaine d'entrées, ce qui porte à 75 le nombre d'entrées ajoutées depuis l'édition originale de 1972.
Essai qui fait ressortir l'origine du dadaïsme, son histoire, ses caractères distinctifs, ses principaux représentants et leurs oeuvres.
Essai qui fait ressortir l'origine du surréalisme, son histoire, ses caractères distinctifs, ses principaux représentants et leurs oeuvres.
Tout au long d'une carrière de plus de soixante ans, Francis Ponge a donné l'exemple d'une démarche créative. D'une fidélité à soi qui n'a jamais exclu le mouvement ni l'évolution, il a pu ainsi échapper à toutes les réductions, et maintenir un heureux équilibre entre une pratique inventive et une réflexion rigoureuse. C'est ce qui lui vaut d'être aujourd'hui reconnu, en France et à l'étranger, comme l'une des figures de la poésie du 20e siècle. Ce volume qui réunit des textes "qui ne l'ont pas été de façon commode jusqu'ici", est le premier volume du "Grand recueil".
"Journal d'un poème impossible sur l'insaisissable", dans lequel on trouve de la prose, des vers, des saynètes, des conférences et des confidences. Une suite de variations sur un thème annoncé que l'auteur écrivit entre 1942 et 1967.
Ces textes poétiques écrits entre 1938 et 1944 sont de longues méditations métaphoriques sur les objets, parsemés d'étymologies et de définitions du Littré, comme l'écrit Pierre Voyer. Pour Ponge, ce recueil répond à son goût violent des choses et des progrès de l'esprit. "L'entrechoc des mots , les analogies verbales sont un des moyens de scruter l'objet".
50 poèmes d'auteurs connus ou moins connus G. Apollinaire, M. Carême, R. Desnos, V. Hugo, J. Prévert, J. Renard, J. Supervielle ...
Introduction à la littérature fantastique Potocki, Nerval, Gautire, Villiers de l'Isle-Adam : Tzvetan Todorov nous introduit d'abord au plaisir de les relire en nous enseignant à construire les limites d'un genre : dans l'hésitation non résolue du lecteur entre le naturalisme de l'étrange et le surnaturel du merveilleux. Puis il nous conduit au repérage de deux grands groupes de récits fantastiques que commandent respectivement le rapport du personnage au monde et son rapport à autrui : ce n'est pas dans un attirail thématique, mais dans un réseau sous-jacent que s'organise le fantastique. Ainsi comprend-on que le fantastique soit du XIXe siècle très précisément.
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